[ SOFINS 2025 ] 3 questions à : Benoit de Saint-Sernin, organisateur du Sofins

Dernière mise à jour : 31 mars 2025Par Mots-clés :

Depuis 2014, Benoit de Saint-Sernin, président du cercle de l’Arbalète, organise à partir d’aujourd’hui le Sofins (Special Operations Forces Innovation Network Seminar). Il nous explique comment les startups sont sélectionnées pour rencontrer les forces spéciales.

Comment repérez-vous les innovations qui peuvent intéresser les unités des Forces spéciales et plus largement les Armées ?

Il y a d’abord un travail de veille et d’intelligence économique en ligne où nous détectons des innovations. Puis, nous les analysons une par une pour voir si cela correspond à un besoin exprimé par une composante des Forces spéciales (FS) ou des unités spéciales du Raid et de la BRI.

Deuxième action : nous allons physiquement sur des salons professionnels, dont les principaux sont le CES à Las Vegas et Vivatech en France. Là, nous examinons toutes les innovations. Et là, même mécanique : connaissant en grande partie les besoins des différentes composantes, nous savons quelles innovations pourraient aider ceux que nous servons.

Parmi les autres critères, il faut aussi que le capital de la société repérée, sa R&D et sa production soient françaises. Les unités spéciales vont certainement demander des adaptations à la technologie demandée. Pour que cela soit possible rapidement, il est impératif que l’entreprise soit tricolore à 100%.

Combien en approchez-vous ? Combien sont sélectionnées pour le Sofins ?

Il y a deux catégories. Celle des startups et PME, 20 sont sélectionnées sur les 200 vues par le pôle de R&D du Cercle, dirigé par Laurent Le Brouder, qui a passé 15 ans au Commandement des Opérations Spéciales, le COS, dont une grande partie aux équipements. Au CES à Las Vegas, on rencontre une cinquantaine de sociétés et on en ramène deux ou trois, pas plus. On privilégie tout ce qui tourne autour des drones (détections, destruction, brouillage…).

Nous sommes au contact des FS depuis 12 ans. Très régulièrement, ils nous font part de leurs besoin tout le temps ! En outre, Laurent Le Brouder est le vrai décideur final pour retenir une entreprise.

La seconde catégorie rassemble les entreprises qui ne sont plus si petites : il y a celles membres du Cercle, qui bénéficient automatiquement d’une place au Sofins et puis parmi toutes les candidatures reçues, nous en retenons, toujours avec le prisme : l’innovation présentée va-t-elle correspondre aux besoins des FS ?

Comment « protégez »-vous les innovations, une fois qu’elles sont en contrat avec les FS ?

Notre mission est de présenter le fiancé à la fiancée. Ce qui se passe après, qu’il y ait ou non acquisition par les FS, ne nous regarde pas et nous ne voulons pas le savoir. Notre travail consiste à faire gagner du temps à ces unités, en leur présentant des innovations dont elles peuvent avoir l’usage ou un usage détourné. Notre rôle s’arrête là.

On constate que des « bébés » Sofins sont devenus des entreprises en poupe, rachetées à prix d’or. L’exemple le plus emblématique est celui d’Earthcube, devenu Preligens, rachetée 220 millions d’euros par Safran. Et nous en avons plein d’autres encore !

Partagez cet article !

Inscrivez-vous !

L'innovation civile au service de la défense et de la protection du citoyen.