[ SOFINS 2025 ] Des foodies imprimés en 3D

Dernière mise à jour : 31 mars 2025Par Mots-clés :

La start-up Tridi SAS a développé des imprimantes 3D alimentaires capables de produire entre 5.000 et 10.000 pièces par jour de « foodies » totalement naturels. Ces machines utilisent un procédé révolutionnaire d’agglomération de particules alimentaires, offrant des produits nutritifs et fondants, adaptés aux besoins spécifiques des Forces spéciales.

Installées à la technopole de Bordeaux Montesquieu, à Martillac, les cinq grosses machines de la start-up Tridi SAS ont la taille de photocopieurs d’entreprises. Elles sont uniques en leur genre : ce sont des imprimantes 3D alimentaires. Les seules aujourd’hui au monde à produire entre 5.000 et 10.000 pièces par jour de foodies totalement naturels, par agglomération. Elles ont été conçues avec l’université de Bordeaux pour la partie électromécanique. Le CRT Agir d’Aquitaine, spécialisé dans l’innovation alimentaire, et la Chambres des Métiers (pour l’hygiène et la sécurité) ont également apporté leur contribution.

Totalement révolutionnaire, ce procédé a nécessité près de cinq ans de recherches et développement, tant pour la mise au point de la technique d’aliments en 3D que pour les recettes proposées. Élaborée par des ingénieurs agronomes, la composition des produits se concentre sur l’agglomération naturelle de particules alimentaires, suffisamment solides pour tenir dans la main (et se passer de quelconques enveloppes ou capsule enrobante), nutritives et fondant immédiatement, y compris en cas de bouche sèche.

Pas de date réelle de péremption

Une partie des produits proposés offre une dissolution instantanée, par procédé isotonique (même concentration que le sang en minéraux, facilement absorbée) procurant les minéraux perdus après un effort intense, réhydratant le corps. Cette innovation intéresse particulièrement les Forces spéciales, qui travaillent avec l’entreprise sur un produit spécifique à leurs besoins.

« Un des avantages de nos gammes, souligne Annabel Théate, présidente fondatrice de Tridi, est le goût : il est bon, ce qui peut s’apparenter à un moment de plaisir et il est suffisamment sapide pour cacher un goût désagréable comme le chlore pour désinfecter de l’eau ».

Les aliments sont composés notamment à base de pulpes de fruits et légumes, proposant des arômes naturels, sans allergènes, gluten, OGM, ni matières grasses. Ils contiennent 30% moins de sucre qu’une confiserie classique. Travaillées à température ambiante, les foodies permettent d’intégrer des enzymes habituellement détruites par la chaleur, des ingrédients permettant de rester éveillé longtemps, ou au contraire d’avoir un sommeil profond de qualité pendant deux heures… Tout dépend des besoins du client. Stables, les tridifoodies n’ont pas de date réelle de péremption, tant qu’ils restent à l’abri de l’humidité.

La start-up bordelaise suscite un intérêt croissant, notamment dans le civil : des centres de soin pour personnes âgées, des collectivités comme la Région Nouvelle Aquitaine, l’un de ses premiers clients (et premier investisseur), qui lui a commandé son blason en sucre de canne bio, les Girondins de Bordeaux, Michelin, le Téléthon… Chacun a pu commander ses goodies à la taille, à la forme, à la couleur, au goût qu’il voulait. Le tout dans une démarche éco-responsable : la production à la demande est « sans intermédiaires ni importateurs, sans déchets, ni surproduction, ce qui réduit le gaspillage, le suremballage et le transport ». Sans oublier, insiste Annabel Théate que « nos machines sont très peu consommatrices d’eau et d’énergie. Je peux fabriquer 10.000 pièces par jour et ça vous consomme autant qu’un photocopieur ! »

Si demain, vous touillez votre café avec un foodie en forme de stylo Bic ou si l’on vous offre un petit Rafale, vous ne serez pas surpris.

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